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CONCLUSIONS



Le Bureau du Groupe du PPE-DE qui s’est réuni à Nicosie (Chypre) les 7 et 8 février 2008, s’est penché sur la question de la Politique Méditerranéenne de l’UE et de ses perspectives, sur le rôle des Nations unies à Chypre, sur le règlement de la question chypriote et sur le processus de paix au Moyen-Orient.


LE FUTUR DE LA POLITIQUE MÉDITERRANÉENNE DE L’UE : QUELLES OPTIONS ?

Le Sud et l'Est méditerranéens et le Moyen-Orient représentent un espace stratégique essentiel. Le Groupe du PPE-DE joue un rôle majeur pour que la région méditerranéenne devienne la priorité principale des relations extérieures de l'UE.

Les pays de la Méditerranée ont un avenir à partager, des solidarités à construire, des projets spécifiques à mettre en œuvre.

Cette évidence peine pourtant à trouver sa traduction. Toutes les initiatives politiques, économiques ou culturelles, lancées dans les années 1990, qu’il s’agisse du processus de Barcelone, du dialogue 5+5, de la politique de voisinage de l’Union européenne, de la Facilité européenne d’investissement et de partenariat, de l’organisation méditerranéenne de l’énergie ne sont pas parvenues à remédier aux déséquilibres persistants qui affectent les pays de la rive sud.

Ces derniers se sentent délaissés par une Europe plus soucieuse, selon eux, d’intégrer institutionnellement et politiquement les anciens États du bloc de l’Est. Ils n’ont pas le sentiment d’être traités à parité dans le cadre du processus euro-méditerranéen dont le bilan reste modeste.

Pour le Groupe du PPE-DE, l’ouverture au Sud est un enjeu aussi important pour l’UE que le fut l’ouverture à l’Est.

Les enjeux en Méditerranée sont considérables : l’aggravation des disparités de niveaux de vie entre les deux rives de la Méditerranée se traduisent par un accroissement des pressions migratoires aux conséquences dramatiques sur le plan humain. Le chômage croissant des jeunes, l’absence de perspective d’amélioration et la frustration qu’entretiennent les conflits du Proche-Orient créent un terreau favorable aux extrémismes.

Aujourd’hui, les évolutions géopolitiques et géoéconomiques internationales imposent une réflexion pour faire de la Méditerranée un trait d'union et non pas une barrière, afin de parvenir à une aire de paix, de stabilité et de progrès, à la fois économiques et humains.

Dans le cadre de la réunion de son Bureau à Nicosie, le Groupe du PPE-DE lance 4 propositions destinées à construire enfin une zone de paix et de prospérité partagée en Méditerranée:

  • La pierre d’achoppement de la création d’un véritable espace euro-méditerranéen est l'absence de résolution du conflit israélo-palestinien : pour contribuer avec détermination à la paix, la piste la plus importante doit viser la création à brève échéance un État palestinien.

  • Le partenariat rénové doit s’engager à soutenir davantage les entreprises locales et les investissements directs dans les Pays Partenaires Méditerranéens (PPM), source de développement et d’emplois. Il faut soutenir avec force la création d’une institution financière euro-méditerranéenne de type Banque Européenne pour la Reconstruction, et le Développement (BERD) qui devrait améliorer les projets et donner confiance aux investisseurs.

  • Le projet Euromed a été jusqu'à présent celui des gouvernements et des marchés. Pour favoriser un partenariat réel, le Groupe du PPE-DE souhaite que la société civile soit davantage impliquée pour encourager et stimuler les valeurs de tolérance, d’éducation et de compréhension entre les peuples.

  • Il convient de faire un réel effort de communication afin de rendre le partenariat Euromed plus visible à l’opinion publique et qu’il soit considéré comme un enjeu fondamental pour la compétitivité économique, l’emploi et les revenus de leur propre pays dans les années à venir.

    Le processus de Barcelone a besoin d’un nouveau souffle.
    La Politique européenne de voisinage qui s’adresse à des pays extrêmement différents, allant de l’Ukraine à la Lybie, en leur proposant de se rapprocher dans des domaines les plus variés, tels que les droits de l’Homme ou l'harmonisation de normes techniques, demeure peu claire dans son approche et ses objectifs.

    Une coopération renforcée autour de la Méditerranée est dans l'intérêt non seulement des États d’Afrique du Nord, mais également dans l’intérêt vital des Européens.

    Quelque soit la voie choisie, le Processus de Barcelone et la Politique européenne de voisinage doivent rester centraux dans le partenariat entre l'UE dans son ensemble avec ses partenaires de la Méditerranée.

    La logique de Barcelone et la Politique de voisinage constituent un cadre communautaire plus que nécessaire et déterminant pour la bonne conduite de cette politique.

    Néanmoins, la Méditerranée a besoin d’un grand projet pour se régénérer. Pour construire enfin une zone de paix et de prospérité partagée en Méditerranée, toutes les volontés politiques sont les bienvenues.

    Le Groupe du PPE-DE considère ainsi que l'initiative du Président Sarkozy d'une Union pour la Méditerranée qui vise des projets concrets comme la gestion de l’eau, la dépollution de la Méditerranée et l’efficacité énergétique, mérite d'être prise en considération dans la mesure où elle serait complémentaire, qu’elle ne remettrait pas en cause les institutions communautaires du processus euro-méditerranéen et respecterait le cadre des perspectives financières adoptée par le Parlement européen pour la période allant jusqu’en 2013.

    Pour le Groupe du PPE-DE, l’UE, principal bailleur de fonds dans la région, doit s‘impliquer davantage pour devenir un véritable acteur politique afin de favoriser une plus grande sécurité, stabilité et prospérité dans cette région stratégique.


    LE RÉGLEMENT DE LA QUESTION CHYPRIOTE

    Concernant la question Chypriote, le Groupe du PPE-DE s‘est toujours prononcé en faveur du retrait des troupes turques et étrangères afin d’aboutir à une Chypre réunifiée respectant les principes et les valeurs de l’UE où Chypriotes turcs et grecs pourraient vivre en harmonie et en paix pour profiter ensemble des bienfaits du pays.

    La division de l’île est un anachronisme auquel il faut mettre fin. Il importe d’aboutir à un règlement de la question chypriote mutuellement accepté par les Chypriotes turcs et grecs.

    Depuis les événements de 1974, la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) demeure sur l´île afin de surveiller les lignes de cessez-le-feu et la zone tampon, et d´entreprendre des activités humanitaires.
    Depuis 1974, la situation à Chypre est restée calme. Les deux camps ont, d´une façon générale, respecté le cessez-le-feu et le statu quo militaire.
    Mais le fait que le calme se maintienne, ne doit pas faire oublier que c´est un cessez-le-feu que connaît Chypre et non la paix. Le statu quo n´est pas une solution acceptable.

    Les Nations unies ont essayé de dégager une formule qui rencontre l´agrément des Chypriotes grecs comme des Chypriotes turcs en favorisant une série de pourparlers. Après une interruption de deux années, suite au refus du Plan Annan par les Chypriotes grecs en 2004, les pourparlers ont repris en 2006. Pourtant, malgré leur longue présence à Chypre, les Nations unies n’ont toujours pas réussi à trouver une solution au problème chypriote.

    Tout en bénéficiant de l'aide des Nations unies et de l'Union européenne, il est clair que le problème chypriote doit être résolu en premier lieu par les Chypriotes eux-mêmes.

    Chypre ne doit pas uniquement compter sur la communauté internationale et doit entreprendre les efforts nécessaires pour mettre un terme à quarante années de méfiance. Le processus ne pourra aboutir sans une volonté commune des deux communautés de vivre ensemble.

    Dans cet esprit, les Nation unies entreprennent un grand travail pour tenter de réconcilier les deux communautés, notamment dans le cadre du Comité sur les Personnes Disparues chargé de retrouver les dépouilles des personnes disparues qu’elles appartiennent à la communauté grecque ou à la communauté turque.

    Le Groupe du PPE-DE soutient cette initiative car la possibilité pour les familles de faire le deuil de leurs proches pourrait contribuer à la réconciliation des deux communautés et, par conséquent, à la solution du problème chypriote.

    Le Groupe du PPE-DE encourage une accélération des travaux du Comité car les témoins oculaires deviennent âgés. Le Parlement européen doit contribuer à accroitre l'aide financière et morale de l'UE à ce projet apprécié par tous les Chypriotes.

    Aujourd’hui, Chypre est membre de l’UE, et la Turquie candidate a débuté les négociations d’adhésion. Il appartient donc à l’UE de suivre et d’accompagner les négociations menées sous l’égide des Nations unies.

    L’UE a réaffirmé sa volonté de faire en sorte que les Chypriotes réalisent bientôt leur destin commun en tant que citoyens d’une île de Chypre unie au sein de l’Union en mettant l’accent sur l’intégration économique et sur l’amélioration des contacts entre les deux communautés et avec l’UE.

    Le Groupe de haut niveau pour les relations avec la communauté chypriote turque du nord de l’île a été crée pour répondre au besoin pressant de renforcer les liens de la communauté chypriote turque du nord de l’île, après l’adhésion de Chypre en 2004.
    Le Groupe de contact peut ainsi jouer un rôle utile de facilitateur de contacts, non seulement avec les institutions de l’UE, mais aussi en favorisant des rencontres bi-communales, et en appuyant les actions menées dans le cadre des Nations unies.

    Le Groupe du PPE-DE insiste sur la nécessité de créer un climat favorable pour une solution globale à la question chypriote dans le cadre des Nations unies qui requiert une véritable volonté politique de la part de chacune des parties concernées.



    L’UNION EUROPÉENNE : UN PARTENAIRE CLÉ POUR FAVORISER UNE PAIX SURE ET DURABLE EN MÉDITERRANÉE ORIENTALE

    La région méditerranéenne connait aujourd'hui une évolution inquiétante: à la question palestinienne et à la crise politique et humanitaire à Gaza s’est ajoutée l’inquiétant niveau de déstabilisation atteint en Irak, les aspirations croissantes de l’Iran au rang de puissance nucléaire, la guerre et l'instabilité politique au Liban, la prolifération du terrorisme et des armes et les incertitudes en matière de sécurité énergétique.
    Dans ce contexte incertain et très dangereux, la résolution du conflit au Moyen-Orient passe par des garanties de sécurité pour Israël mais également pas l'existence d'un État palestinien économiquement viable. La volonté d'aboutir à une solution existe du côté palestinien et israélien, mais ces deux États sont trop faibles pour pouvoir l'imposer à leur classe politique.

    La résolution du conflit au Moyen-Orient ne peut se faire uniquement sous l'égide des Nations unies. L'UE, présente dans le Quartet, doit pouvoir jouer un rôle plus important, parce qu’elle représente le seul acteur international qui soit considéré comme crédible par les parties au conflit. Mais, jusqu'à présent, l’UE n’était pas préparée pour les tâches de construction, de préservation et de renforcement de la paix, faute d'être dotée des institutions nécessaires pour mener sa politique étrangère et parler d'une seule et même voix.

    Si l'UE est de loin le principal donateur dans la région, les efforts financiers qu'elle y déploie n'ont pas été accompagnés par une présence politique appropriée.

    L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne devrait offrir de nouvelles opportunités et permettre à l'UE de devenir un véritable acteur politique dans la région. Garantir la paix et la stabilité dans la région s’avère nécessaire et stratégique pour l’UE qui doit devenir à la fois un "key payer" et un "key player".

    Afin de contribuer efficacement à la résolution du conflit dans la région et à la promotion d'un certain nombre d'objectifs, l'Union européenne devrait pouvoir inspirer et aussi coopérer avec les autres acteurs dans la région (ONU, USA, Russie, Chine).

    L’UE doit mieux définir ses intérêts et ses objectifs politiques. Elle a besoin d’une personnalité comme le Ministre des Affaires Etrangères, afin de davantage coordonner la politique étrangère des États membres.

    La possibilité de régler la question, comme cela a été prévu à Annapolis, avant la fin de l’an 2008, n'est pas réaliste ; cela justifiera plus de temps et d'efforts. Un début de solution au conflit du Moyen-Orient peut être trouvé dans la feuille de route du Quartet. Il convient d'offrir d'avantage de garanties de sécurité à Israël. D'un autre côté, l'État palestinien ne sera économiquement viable sans le lancement de programmes de développement économique et de projets en faveur des PME, et sans la réduction des contrôles de sécurité aux frontières qui empêchent les déplacements des travailleurs et des marchandises. Une économie "patchwork" ne peut exister.

    Sans développement économique de la région, il n'y aura pas de perspective d'avenir pour les citoyens et le risque existe que les prochaines élections de 2010 ne voient l'arrivée au pouvoir des radicaux, ce qui entrainerait un total bouleversement.

    Il est essentiel de soutenir, notamment, des programmes de développement socio-économiques et la promotion des valeurs européennes de l'économie de marché, de tolérance, de liberté religieuse, de croissance et de développement économique dans la région.

    La République de Chypre est à l’avant-poste de l’UE, dans la région Sud-est de la Méditerranée. En raison de cette proximité géographique, mais aussi grâce aux liens qu’elle a su développer de longue date avec l’ensemble de ses pays voisins, Chypre se doit de jouer un rôle clé dans des domaines politiques tels que le développement économique et social, la promotion de la paix et la stabilité au Moyen-Orient.





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