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EventsJournées d'Etudes du Groupe PPE-DEMalte, 4-6 juillet 2007![]() Présidente du Comité politique de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne Parlement européen Cher(e)s Collègues Mesdames et Messieurs, La décennie 1990 s’était ouverte sur un immense espoir, celui d’une paix entre Israël et les Etats voisins. Elle s’achève aujourd’hui par une énième dégradation de la situation qui dresse cette fois Palestiniens contre Palestiniens. Cette impasse sanglante est lourde de conséquente sur toute la région. Elle pèse aussi sur l’ensemble de la Méditerranée et par voie de conséquence, sur la stratégie de l’Europe sur son flanc sud. La situation actuelle est donc une immense régression. L’absence de perspective politique encourage la poursuite de la confrontation et fait le jeu des extrémistes. Aujourd’hui, l'UE pourrait devenir une force de proposition en s’appuyant entre autre sur l’Assemblée parlementaire euro-mediterranéenne (APEM), pour contribuer à l’installation d’un dialogue réaliste mais efficace entre Israéliens et Palestiniens. L’APEM pourrait constituer une force politique essentielle dans l’euro-méditerranée. En effet, cette assemblée est la seule instance parlementaire du processus de Barcelone réunissant les élus des peuples de la rive sud et nord de la Méditerranée. Malgré le durcissement du conflit israélo-palestinien, cette Assemblée est une des seules enceinte où se rencontrent Israéliens et Palestiniens, ce qui donne un sens à cette "diplomatie parlementaire", trop absente du dialogue, depuis si longtemps. L’APEM à vocation aujourd’hui à devenir une institution qui représente l’ensemble des députés de la zone euro-méditerranée, Européens, Israéliens Turcs et Arabes. C’est une nouveauté sur laquelle nous pouvons nous appuyer car les conclusions de la dernière session de l'APEM, réunie en mars dernier à Tunis, ont porté sur l'impulsion du processus de paix au Moyen-Orient. Notamment pour renforcer le rôle des parlements euro- méditerranéens et le développement du dialogue entre les cultures et les civilisations. Quelques pistes méritent d'être aujourd'hui étudiées: 1ère proposition La reprise de l’aide au gouvernement palestinien ne peut combler l’absence de stratégie de l’UE. Paradoxalement, cette aide montre l’absence criante de cohérence politique et d’un vide stratégique de vision. Pourtant, dans cet Orient compliqué, de véritables pistes existent pour sortir du chaos. La piste la plus importante reconnue par Israël, la Palestine, le Quartet ainsi que par la Communauté internationale est la création, à brève échéance, d’un Etat palestinien. C’est aujourd’hui la seule réponse au basculement de Gaza dans la sphère islamiste, qui n’est malheureusement qu’un début. 2ème proposition Je pense aussi que la présence d'une force multinationale au Liban pourrait être prise comme modèle à suivre dans le processus de négociation en vue d'un règlement du conflit israélo-palestinien. Si cette force militaire était déployée dans les territoires palestiniens, des soldats des pays arabes non parties prenantes du conflit, des Turcs et des pays européens devraient y être envoyés. 3ème proposition La Commission politique, de sécurité et des droits de l'homme de l’APEM que je préside, a pris l’initiative de l’organisation d’une Conférence euro-méditerranéenne sur le Proche-Orient, que l'Egypte envisage d'accueillir prochainement vers l'automne 2007, afin d'impulser le processus de paix dans la région. Pourquoi une telle conférence? Les parlementaires, élus des peuples et messagers des populations ont un vrai rôle à jouer dans le processus de paix. C’est grâce à eux qu’il est possible de promouvoir une réalité conforme aux aspirations des peuples qui y vivent. Ces peuples, disons-le, sont en majorité favorables à la paix. 4ème proposition L’UE doit organiser une Conférence de paix internationale, à l'instar de la conférence de Madrid de 1991. Nous le savons tous, les conflits ne pourront être réglé que par un règlement juste, global et durable. L'Europe doit jouer un rôle plus important. 5ème proposition Les propositions de l'APEM devront à terme être plus constructives. Il faudrait par exemple donner une dimension plus contraignante aux propositions adoptées par cette Assemblée, puisque ce sont des représentants des peuples qui votent ces propositions. C'est ce que préconisent justement les priorités de la présidence grecque de l'APEM. Les pouvoirs de l'APEM en tant qu'institution parlementaire du processus de Barcelone, sont donc appelés à être renforcés. Mes amis, je tiens à vous dire aussi qu'aujourd’hui, il existe dans le sud de la Méditerranée des forces modérées et pragmatiques qui partagent nos convictions politiques. Des forces démocratiques émergentes qui sont susceptibles d’accompagner et de dynamiser le processus de paix. Des forces qui sont aussi capables de lancer les réformes nécessaires pour instaurer une vraie croissance économique. L'UE a du mal à établir des contacts avec cette génération montante. Or, ces forces qui existent, les partis démocratiques de l'UE doivent les aider à s'organiser pour vitaliser le dialogue politique dans notre "mare nostrum". Ces forces dynamiques et modernes, nous avons le devoir historique de les aider pour qu’elles participent à l’élaboration d’un projet en faveur d’une paix durable dans la région, dont l'Europe a aussi besoin. 6ème proposition Souvenons-nous! C'est le projet de la construction européenne, au lendemain d'une des guerres les plus meurtrières, qui a présidé à la réconciliation franco-allemande et qui ont permis à ces deux grands Etats que sont la France et L'Allemagne, que l'histoire à pourtant opposé violemment durant des décennies, d'être les piliers de l'intégration européenne, garante de la paix depuis plus d'un demi-siècle. Compte-tenu de son expérience, il revient sans doute à l'UE aujourd'hui, de mettre en place une politique efficace au Proche-Orient sur le même modèle pour sortir du conflit. Jules César disait : "Si tu veux la paix, prépare la guerre". Cette sagesse romaine est aujourd’hui dépassée et ne fonctionne plus dans le bassin méditerranéen. Je citerai plutôt l’écrivain allemand Ernst Jünger : "Pour mériter la paix, il ne suffit pas de désirer la guerre. La véritable paix suppose un courage qui dépasse celui de la guerre". Aujourd’hui, c’est la construction de la paix qui s’impose en Méditerranée, plus que tout autre chose. L'UE doit avoir ce courage! Et oui, mes chers amis pour faire la paix il faut préparer la paix. |
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