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up one level
XVIème CONGRÈS DU PPE
Le PPE, votre majorité en Europe

4 - 5 Février 2004
Parlement européen
BRUXELLES

Discours prononcé par Wilfried MARTENS, Président du PPE

Jeudi 5 février 2004



Mes Chers Collègues,

Grâce à notre travail, à l'engagement des 64 partis membres du PPE, aux Premiers ministres, aux Chefs d'opposition, aux Députés européens et aux Commissaires européens qui appartiennent à notre famille politique, nous avons mis en ordre de bataille le PPE pour gagner les Élections européennes de Juin prochain. Pour la sixième fois nous avons adopter un programme d'action. Ce programme place le citoyen au centre de notre ambition pour la législature 2004/2009.

Nous nous exprimons pour une politique qui a une vocation majoritaire dans l'Europe élargie à 25 États. Nos propositions sont fondées sur le bon sens, sur l'expérience, sur le pragmatisme et l'efficacité ainsi que sur la solidarité.

Pour la sixième fois dans l'histoire de l'Union européenne, les électeurs seront appelés directement à désigner leurs députés au Parlement européen. Ainsi, la démocratie européenne démontre sa vitalité et son ancrage dans la vie politique de nos pays.

Mais c'est la première fois que cette élection intervient dans le cadre de la grande Europe réunifiée de l'Atlantique à la Baltique, effaçant les divisions des guerres d'autrefois et la brutale ère des totalitarismes.

Mes Chers Collègues, je dois ici vous faire part de mon émerveillement, que chacun d'entre nous partage, de voir ainsi réalisé le rêve qu'aucun homme politique n'aurait osé exprimer il y a à peine 20 ans: mettre fin à la guerre froide, faire triompher dans la paix et la liberté les valeurs pour lesquelles notre famille politique a été constituée et s'est engagée depuis le début du processus d'intégration européenne.

Ceci est notre première raison d'espérer dans l'avenir: quand une force politique comme la nôtre s'engage sans défaillance pour des idéaux justes, elle atteint ses objectifs et elle fait progresser la paix mondiale et le développement de l'Homme. De cette raison d'espérer, de cette confiance dans la justesse de notre engagement, nous devons tirer des forces pour surmonter les défis qui se présentent à nous.

En effet, ce XVIème congrès se tient dans un contexte européen particulièrement délicat. Nous sommes à la fois prêts à faire progresser définitivement l'unité du continent et confirmer notre place comme première force politique en Europe. Dans le même temps, nous vivons depuis plusieurs semaines dans l'incertitude des réponses à apporter à l'échec du Conseil européen qui s'est tenu à Bruxelles et qui avait pour mission de conclure la Conférence intergouvernementale sur la Constitution européenne.

Les Chefs de gouvernement se sont séparés sans trouver d'accord et notre responsabilité comme première force politique en Europe est de trouver une solution à cette crise de confiance qui nous divise sans remettre en question notre volonté commune de faire progresser l'unité européenne.

Mes chers amis, je crois pouvoir m'exprimer au nom de la totalité de notre Congrès pour affirmer que notre famille politique veut doter l'Union européenne d'une Constitution. Cette Constitution est nécessaire pour éclairer le citoyen sur le contrat qui lie chaque État, chaque région, et chaque citoyen aux Institutions de l'union.

Dans une Europe élargie à 25 États, qui s'élargira plus encore dans les années à venir, l'absence d'une Constitution, de règles claires et pratiques pour décider, et la non-définition de nos objectifs communs, rendraient pratiquement impraticable notre coexistence.

Depuis le début de la construction européenne, la nécessité est le moteur de l'intégration. En ce siècle où triomphe la globalisation, en ce siècle, où d'immenses super puissances géopolitiques, démographiques, économiques émergent dans le monde, l'Europe démocratique ne peut tenir sa place qu'en s'unissant et en s'exprimant d'une seule voix. Le seuil critique d'une puissance à l'échelle de la planète au 21ème siècle, c'est le seuil de l'Europe à 25. En deçà, chacune de nos nations ne peut que jouer perdant dans la compétition mondiale.

Les défis changent de nature: le risque le plus grand pour nos économies et nos sociétés est la désindustrialisation en regard de la compétitivité de l'Asie. Nous devons accroître notre effort commun en matière de recherche et de technologie. Notre responsabilité à l'égard du monde est de jouer un rôle pilote dans la défense de l'environnement, au risque, si nous laissons la dégradation se poursuivre, de laisser aux générations futures une planète où il ne fera plus bon vivre.

Tous ces arguments, et bien d'autres qui sont repris dans le programme d'action militent en faveur d'une sortie de crise et d'un accord équitable sur la Constitution de l'Union.

Le travail et la méthode de la Convention ont été exemplaires, car ils ont permis d'associer les acteurs les plus représentatifs à une vision dynamique de l'Europe. Ce travail constitue pour nous un trésor qu'il serait criminel de laisser au bord de la route comme si un accident de parcours nous faisait à la fois quitter le véhicule et changer de direction.

Aussi, je plaide en votre nom pour un accord aussi rapide que possible fondé principalement sur l'esprit et l'acquis du projet de Constitution adopté par la Convention. Toute tentative ou tentation de surmonter l'actuelle difficulté en recourant à des formules aussi séduisantes qu'illusoires, telle l'Europe à la carte, l'Europe à géométrie variable, l'Europe en dehors des Institutions de l'Union serait un retour régressif vers la simple coopération gouvernementale.

Nous savons tous, avec plus de 50 ans d'expériences, que la construction européenne n'est pas une entreprise facile. Elle demande un effort constant sur les égoïsmes nationaux et sur les visions à court terme. L'idée européenne est la nôtre parce qu'elle inclut une part de sublimation et de confiance dans l'Homme dans sa capacité à dépasser ses erreurs. Dans ce contexte, rien ne serait plus funeste à l'idée européenne que d'aborder les prochaines discussions financières qui doivent délimiter le cadre budgétaire de l'Union européenne pour les prochaine années dans un esprit de défiance. Il ne faut pas manquer la chance de concilier les impératifs d'une budget européen à la fois dynamique et solidaire. Vouloir limiter le budget et les ressources propres de l'Union à 1% du PNB, alors que de nouvelles taches seront plus économiquement et plus efficacement gérées ensemble dans le cadre communautaire, ceci est une contradiction.

Mes chers collègues, je voudrais aussi souligner combien nous sommes attachés au maintien des principes communautaires qui, jusqu'à présent, garantissent le succès de l'Union: nous voulons une Commission forte, responsable, capable de définir et de gérer l'intérêt commun, suffisamment imaginative et audacieuse pour avoir une vision globale de la gouvernance de l'Union européenne. Nous accordons une telle importance au rôle de la Commission, que nous soutenons comme l'a souligné le Président de notre Groupe parlementaire du PPE-DE, Hans-Gert POETTERING, l'exigence que le Conseil européen tienne dûment compte des résultats des Elections de juin avant de proposer la composition et la Présidence de la future Commission.

De même, nous rappelons notre attachement à l'Union comme communauté de droit, au sein de laquelle les Traités sont respectés, par chaque État, sans considération de taille ou de puissance, car la confiance entre nous n'est possible que si les même règles adoptées ensemble s'appliquent à tous. Nous rappelons aussi notre soucis de rapprocher plus encore le citoyen, les acteurs de la vie économique et sociale de la construction européenne. Chacun de nos partis doit s'engager pour que le plus grand nombre d'électeurs participent au scrutin de juin prochain. Le défaut de participation favoriserait le vote des extrêmes et serait un mauvais coup pour l'Europe.

Chers amis, nous ne laisserons pas aux socialistes et aux euro-sceptiques la charge de la construction européenne pour laquelle les meilleurs d'entre nous se sont engagés depuis 1950. Le PPE est fier d'être la famille politique au sein de laquelle ont agi les Pères fondateurs.

Notre identité reste liée à ce grand dessein européen. Notre identité est inséparable de l'obsédante obligation de garantir le paix à chaque étape de notre action politique.

Je voudrais sur ce point, mes chers collègues, mes chers amis, conclure en m'adressant aux jeunes générations ici représentées et plus particulièrement aux jeunes générations venant des 10 nouveaux pays qui nous rejoignent à part entière le 1er mai.

J'appartiens à une génération qui a connu, enfant, les violences et l'injustice de la guerre, les souffrances de la mort et de la destruction. Toute l'œuvre des Pères fondateurs a été tournée sur l'obligation de créer des conditions rendant la guerre impossible.

Cet effort misait sur la foi dans l'Homme et sa capacité à tirer les leçons de l'expérience et de la souffrance pour progresser. Cet héritage de paix a une valeur dont chacune et chacun d'entre vous doivent prendre la mesure. En Europe balkanique, il y a à peine 10 ans des hommes et des femmes innocents ont péri du fait de la guerre. La paix n'est jamais un du, un acquis. Elle s'entretient comme on entretient un jardin ordonné. La culture de l'Union européenne est fondée sur le compromis, la persévérance, la patience, la tolérance. Cette culture, nous vous la transmettons. Nous vous demandons, à votre tour, de la préserver et de l'enrichir et de la transmettre au bénéfice des générations qui vous succéderont. Tel est l'enjeu de notre combat et le sens de l'engagement politique que nous poursuivons au sein du PPE. Telles sont, Chers amis, les raisons qui, au delà des nécessaires péripéties de la vie politique, justifient notre combat pour gagner ensemble, sous les couleurs européennes du PPE, l'échéance capitale de Juin prochain.





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