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DiscoursDiscours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE-DE, au Parlement européenPréparation du Conseil européen après le référendum irlandais (19-20 juin 2008)Joseph Daul, au nom du Groupe du PPE-DE. – Madame la Présidente, Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues, la majorité des Irlandais qui ont voté a exprimé son opposition au traité de Lisbonne. Mon groupe respecte cette décision comme il respecte aussi celle des 18 États membres qui ont, à ce jour, exprimé un avis favorable au traité et l'ont ratifié. L'Union européenne est fondée sur la liberté d'expression et la démocratie. Nous souhaitons donc, parce que nous sommes démocrates, que tous les États membres expriment leur opinion sur la ratification du traité. Ce n'est qu'à la fin de ce processus que le Conseil européen pourra décider de la marche à suivre; en d'autres termes, et aussi respectable que soit la décision de l'Irlande, aucun État membre ne saurait priver les autres d'exprimer librement leur position. Nous souhaitons que le Conseil européen procède cette semaine à une analyse calme, responsable, constructive de la situation créée par ce vote. Les membres PPE de mon groupe souhaitent que le Conseil européen appelle les États membres qui ne l'ont pas encore fait à procéder à la ratification du traité comme il se doit. Chers collègues, le peuple irlandais a parlé. Il a exprimé ses préoccupations sur la finalité de la construction européenne, sur la façon dont cette Europe est gérée, sur l'avenir de la politique agricole, sur les négociations de l'OMC, sur la politique fiscale. Le vote des Irlandais traduit aussi l'incompréhension de beaucoup devant la complexité de l'Union européenne dont ils ne voient pas toujours l'utilité. Il est le reflet de l'interrogation d'un grand nombre de citoyens sur la finalité même de la construction européenne. Mais la motivation qui a été la mienne et celle de ma génération - à savoir garantir la paix sur notre continent - n'est plus comprise par les jeunes générations. Le non des Irlandais constitue un appel à mieux définir les missions de l'Europe, à mieux expliquer aussi les raisons de son approfondissement. Le Parlement européen qui vote des textes souvent difficiles à lire doit prendre toute sa part dans cet exercice. Mais en votant non, les Irlandais ont-ils voulu dire que sur le climat et l'énergie, sur la nouvelle donne alimentaire, sur la sécurité des personnes, l'immigration ou la politique étrangère, nos pays se suffisent à eux-mêmes et peuvent lutter à armes égales avec les États-Unis, la Chine, l'Inde ou le Brésil? Je ne le crois pas. En votant non, les Irlandais ont-ils voulu dire que la solidarité avec les pays les moins bien dotés dont ils ont largement et justement bénéficié dans les dernières décennies n'est plus d'actualité et que la règle désormais est le chacun pour soi? Je ne le crois pas. En votant non enfin, les Irlandais ont-ils souhaité tourner la page de l'intégration européenne, ont-ils donné un signal négatif à l'adhésion d'un pays comme la Croatie? Je ne le crois pas. Les membres PPE de mon groupe sont convaincus que le traité de Lisbonne, qui a fait l'objet de longues négociations et qui a été signé par les 27 États membres, représente un progrès important par rapport au traité de Nice. Il permet à l'Europe de mieux fonctionner, il lui donne aussi les outils nécessaires pour être plus audible dans le monde. Je ne souhaite qu'une seule chose, c'est que la période d'introspection de l'Europe se termine au plus vite, car il est temps que nos pays - permettez-moi l'expression - "arrêtent de se regarder le nombril et traitent ensemble les vrais problèmes et les vrais défis", ces défis mêmes qui devraient nous mobiliser et qui provoquent l'inquiétude profonde, la colère parfois, nous le verrons encore jeudi à Bruxelles, de tous ceux que la conjoncture fragilise et handicape. Monsieur le Président du Conseil, je vous demande que demain, au Conseil, on tienne compte des vrais problèmes, du bien-être de nos concitoyens en Europe, et qu'on prenne à bras-le-corps l'ensemble des augmentations qui sont en train de préoccuper nos concitoyens. Et dans ce débat passionné, les membres PPE de mon groupe appellent au calme et à la raison. Écoutons les Irlandais, tirons les leçons de leur vote, et traitons avec le même respect les autres peuples des autres pays européens. (Applaudissements) |
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