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Discours
up one levelMercredi, 12 mars 2008

Discours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE-DE, au Parlement européen

Préparation du Conseil européen (Bruxelles, 13 et 14 mars 2008)

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Joseph Daul, au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues, la priorité du Conseil européen de printemps sera de favoriser la croissance en Europe et la relance de la stratégie de Lisbonne pour la période 2008-2010.
Pour notre groupe, il est capital de donner à l'Union toutes ses chances face à la mondialisation et de la réformer, comme le propose très activement la Commission européenne depuis 2005, sous la présidence de José Manuel Barroso. Cette stratégie est le meilleur outil pour faire face aux défis qui nous attendent: mondialisation, démographie et changement climatique.

Notre message est double: poursuivre les réformes engagées, mais aussi rendre plus efficace la stratégie de Lisbonne. La mondialisation est une chance pour l'Europe, mais nous n'accepterons jamais un libre-échangisme débridé. C'est le premier défi. Nous devons protéger les intérêts des plus vulnérables et promouvoir notre modèle social. Le moment n'est pas à un changement de cap, mais au redoublement des efforts dans la ligne déjà tracée. Et à chaque défi, la stratégie de Lisbonne propose une réponse adaptée.

Face à la concurrence des pays émergents, notre avenir réside dans la recherche et l'innovation, dans le soutien aux entrepreneurs, dans la formation tout au long de la vie ou dans la réforme du marché du travail. L'Europe ne sera compétitive que si les produits présentent une valeur ajoutée en termes de qualité et d'innovation. C'est pour cela que j'appelle les États membres à investir massivement dans la recherche et l'innovation.

La croissance et l'emploi ne se feront pas non plus dans le développement des petites et moyennes entreprises. Nous devons les aider à gagner des marchés et à créer des emplois en réduisant les lourdeurs administratives. La préparation d'un small business act à l'européenne va dans le bon sens. Il faut adapter l'éducation et la formation aux besoins de l'économie. Nous ne maintiendrons notre compétitivité que si notre main-d'œuvre dispose de la formation adaptée. L'enseignement scolaire et universitaire, mais aussi la formation continue, doivent être revus et surtout renforcés. Nous saluons à cet égard le programme 2007-2013 pour l'éducation et la formation tout au long de la vie. Et, enfin, des réformes profondes sont nécessaires sur le marché du travail, qui doit être plus mobile, plus flexible et aussi plus sûr. Les entreprises doivent pouvoir s'adapter aux exigences du marché. Les salariés doivent pouvoir bénéficier des possibilités de reconversion et d'adaptation.

Le second défi pour l'Europe est d'ordre démographique. Le vieillissement de la population engendrera un manque de main-d'œuvre et des tensions sur le système social. Il faut mieux activer la main-d'œuvre intérieure et il faut mieux promouvoir la flexibilité et l'adaptabilité pour toutes les générations afin de mieux concilier vie professionnelle et vie de famille. Il faut aussi réviser notre politique d'immigration nécessairement européenne et attirer les compétences et le savoir-faire. La proposition de la carte bleue doit être développée. Il convient aussi de freiner la fuite des cerveaux. Nos investissements dans l'éducation seront vains si les chercheurs s'expatrient pour bénéficier de meilleures rémunérations et conditions de travail à l'étranger.

Le troisième et dernier défi est le changement climatique. Nous devons mettre en place un cadre politique adapté à une économie viable, respectueuse de l'environnement, ce qui signifie respecter les objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Outre l'avantage écologique que nous en tirerons, cela nous mettra aussi en bonne position pour les marchés des technologies propres. Ce n'est pas négligeable. Mais nous devons donner l'exemple. Nos partenaires doivent en faire de même. La politique verte doit s'accompagner d'une politique commerciale extérieure, non pas protectionniste, mais exigeante.

Mes chers collègues, nous ne préserverons nos valeurs et notre modèle de société que si nous avons le courage de réformer notre société et de dire la vérité à nos concitoyens. Nous ne ferons du social que si la croissance est au rendez-vous. Et la croissance ne sera au rendez-vous que si nous nous en donnons les moyens. Une fois n'est pas coutume: je voudrais quand même remercier le Président de la Commission, le vice-président M. Verheugen, et tous ses commissaires pour leur travail. Ces remerciements, mes chers amis, c'est comme pour une écurie: c'est l'écurie Barroso. C'est l'avoine qui sert à remercier pour le travail accompli, mais c'est aussi l'avoine qui doit leur donner l'énergie pour tout le travail qui reste à faire.

(Applaudissements)