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Discours

up one levelMercredi, 9 mai 2007

Discours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE-DE, au Parlement européen

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Sommet UE/Russie

Joseph Daul, au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, Monsieur le Ministre Gloser et Président en exercice du Conseil, Monsieur le vice-président Verheugen, chers collègues, peut-on à la fois être ferme sur ses valeurs et sur ses principes et travailler en étroite collaboration sur des sujets aussi essentiels que l'énergie, le changement climatique, l'adhésion à l'OMC, la politique des visas ou la coopération dans notre voisinage commun? La réponse à cette question ne saurait varier selon le partenaire dont on parle s'agissant des relations que l'Union européenne entretient avec lui. Oui, dans ses relations avec la Russie, l'Europe doit adopter une attitude d'ouverture et de dialogue, mais elle doit aussi faire part de ses préoccupations, souvent graves, sur le sujet des droits de l'homme, et notamment de la liberté d'expression ou du traitement des minorités.

Nous commémorons en ce 9 mai l'anniversaire de la Déclaration Schuman. Quelle signification ont ces célébrations si l'Europe réunifiée n'est pas en mesure de faire valoir ses droits humanistes? Dans nos relations avec un partenaire stratégique comme la Russie, les dernières évolutions dans ce pays sont source de graves inquiétudes. Ainsi, mon groupe juge absolument inacceptable l'attitude de Moscou après le déplacement, par les autorités estoniennes, d'un monument soviétique. Il s'agit là, de la part de la Russie, d'une véritable atteinte à la souveraineté d'un État membre de l'Union, qui appelle de notre part une réaction très sérieuse. C'est ce que nous avons fait aujourd'hui. La Russie ne doit pas croire que, par une telle attitude, elle réussira à nous diviser: aujourd'hui, nous sommes tous Estoniens.

De même, mon groupe a condamné sans réserve les répressions des manifestations à Moscou. Il a dénoncé l'assassinat, à la fin de 2006, de la journaliste Anna Politkovskaïa, l'empoisonnement d'Alexander Litvinenko et les atteintes répétées à la liberté d'expression et aussi à la liberté de la presse. Enfin, les graves violations des droits de l'homme en République tchétchène, les assassinats, les disparitions forcées, la torture, les prises d'otages et les détentions arbitraires demeurent des réalités que l'Union européenne ne saurait accepter.

Chers collègues, sur tous ces sujets, le devoir de l'Union européenne est de parler franc et d'obtenir des éclaircissements et, surtout, une évolution des mentalités et des politiques. Notre devoir mutuel, c'est de créer des conditions de relations équilibrées, de travailler à un environnement géopolitique stabilisé et le plus harmonieux possible. Le monde a changé. Le temps n'est plus à la guerre froide, mais à la coopération, à la réalisation de politiques concrètes. Celles-ci ne peuvent qu'être bénéfiques pour la croissance, pour les emplois et pour la stabilité à long terme de notre continent.

J'invite la Commission et le Conseil à élaborer des initiatives communes avec la Russie pour renforcer la sécurité du voisinage: gestion commune des crises en Ukraine, en Biélorussie, efforts communs pour régler les conflits au Nagorny-Karabakh, en Moldavie et en Géorgie, en garantissant l'intégrité territoriale totale des États. Je souhaite aussi que les négociations reprennent au plus vite sur un nouvel accord-cadre Union européenne/Russie, pour autant que la Russie accepte de se comporter en véritable partenaire. Je félicite la Présidence allemande pour les efforts intenses qu'elle déploie à cet effet et je demande à nos partenaires russes de cesser d'exercer des pressions économiques à l'encontre de nos États membres.

Je tiens à souligner l'importance d'une adhésion prochaine de la Russie à l'OMC. Cette adhésion sera un signal important de confiance pour les investisseurs, elle dynamisera la croissance en Russie et renforcera aussi nos échanges commerciaux, elle obligera la Russie à respecter les règles. Mais l'Union ne pourra soutenir cette évolution que si elle constate une amélioration plus grande, une sérénité dans les relations. Ne passons pas à côté de cette chance!

Je veux souligner aussi que la question stratégique du dialogue énergétique avec la Russie est très importante. Je félicite le commissaire Piebalgs et le ministre russe de l'énergie pour l'accord intervenu récemment sur la réorganisation de ce dialogue. Il est de notre devoir, de notre intérêt commun de garantir la sécurité de l'approvisionnement et celle de la demande énergétique dans un contexte d'interdépendance accrue. Et cette coopération - nous insistons sur ce point - doit être fondée sur les principes énoncés dans la Charte de l'énergie et, en particulier, dans le protocole sur le transit qui y est annexé.

C'est dans cette action concrète, au service des peuples russe et européen, que nous dépasserons nos différends. C'est dans un vrai dialogue que nous allons relever les défis de la mondialisation, dont les enjeux sortiront renforcés. J'espère que nous allons les renforcer mutuellement.










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