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Discours

up one levelMercredi, 14 mars 2007

Discours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE-DE, au Parlement européen

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Déclaration de Berlin

Joseph Daul, au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, Monsieur le Président du Conseil, Madame la vice-présidente de la Commission, chers collègues, le groupe du PPE-DE a, en effet, depuis ses origines, toujours plaidé en faveur d'une Europe plus intégrée, plus unie. Nous avons toujours œuvré pour un approfondissement de l'Europe, pour une Europe politique et ambitieuse. Ce qui nous a toujours rassemblés, c'est la défense des valeurs, la promotion des libertés, et en particulier celles d'entreprendre, de travailler, de bénéficier des fruits de son travail, mais aussi la garantie de la sécurité.

Le traité de Rome constitue la première pierre de l'édifice européen. Celle qui a fait que la guerre entre nous est désormais, non seulement impossible, mais aussi impensable. Pour moi, enfant, la guerre était tout simplement une réalité. Je suis heureux et fier que, dans notre partie du monde, et parce que nous l'avons voulu, cette réalité soit devenue une abstraction. Comme je le dis aux jeunes, rien n'est jamais acquis pour toujours, de même que rien n'est jamais perdu pour toujours.

Mais nous ne sommes pas tous égaux devant cette réussite. Si toutes les nations européennes ont lutté pour la liberté, la paix et la prospérité, nombre d'entre elles ont dû supporter 50 années de dictature, de privation de liberté et de précarité sous le joug du communisme. Les pays d'Europe centrale et orientale n'ont eu de cesse de dépasser cette division artificielle afin de réintégrer leur famille d'origine et de permettre à l'Europe de respirer enfin avec ses deux poumons.

Je tiens ici à rendre un hommage admiratif et affectueux aux peuples et aux citoyens de ces pays. Sans eux, sans les révolutions de 56, 68 et 80, jamais l'Europe n'aurait pu vivre "cette révolution de velours" de la fin des années 80. Et le mur de Berlin serait sans doute encore la honte de notre continent.

Nous devons aussi nous souvenir que l'année 2007 ne marque pas seulement le 50ème anniversaire du traité de Rome mais aussi le 60ème anniversaire du plan Marshall. Sans l'aide des Américains, sans leur engagement décisif en faveur des Européens, la déclaration Schuman et le traité de Rome auraient rencontré davantage d'obstacles. Les cinquante dernières années ont été un succès, et cette histoire vient de connaître un épilogue heureux après la réunification du continent. Mais, je crois que, si nous le voulons, ce siècle peut également être un siècle largement européen. Le traité de Rome, fondement de l'Union européenne, constitue la démarche la plus aboutie du vivre ensemble de l'histoire. Notre continent est ainsi devenu un lieu, non pas de division, mais de similarités et de rapprochements.

En effet, l'Union européenne ne se réduit pas à l'exportation de biens et de services. Elle transmet aussi nos valeurs. Nous agissons comme une force de stabilisation. N'est-ce pas la perspective d'une coopération plus étroite qui a conduit au retour de la paix dans l'Europe du Sud-Est? Les cinquante années à venir seront cependant pour tous nos pays riches en nouveaux défis. Nous ne partons pas de zéro, loin de là.

La première condition du succès est de reprendre confiance en nous, d'avoir conscience de nos atouts et de puiser dans nos ressources. La deuxième condition du succès, dans un monde instable et globalisé, c'est d'être réaliste, d'accomplir, sans tarder, avec conviction et enthousiasme des efforts d'adaptation. Mais s'adapter ne veut pas dire s'aplatir, et renoncer à ce qu'on est. Se réformer ne veut pas dire se coucher et se laisser déposséder de son identité. Les Européens ont un sens très développé de la dignité humaine, du respect de l'individu. De plus, avec l'économie sociale de marché, l'Europe offre une conception de l'organisation de la vie en société très éloignée du chacun pour soi et des excès de la société de consommation.

La décision adoptée lors du Conseil européen de la semaine dernière consiste à fixer des objectifs communs et ambitieux dans le domaine de l'énergie et du changement climatique.

Le contexte actuel est marqué par cinq défis essentiels: la démographie, la mondialisation, la multipolarité, l'énergie et le réchauffement climatique, sans oublier la lutte contre le terrorisme. Dans un monde globalisé, l'Europe doit réagir par des réformes économiques et sociales dans un monde où de nouveaux pôles émergent à grande vitesse - je pense à l'Asie, mais aussi au Brésil. L'Europe doit tirer profit de son histoire et valoriser son modèle de société. Dans ce monde incertain, où le terrorisme est devenu une réalité quotidienne, l'Europe doit faire preuve à la fois de fermeté et de détermination; elle ne saurait être l'otage de la terreur.

Voilà, mes chers collègues, Mesdames et Messieurs, les valeurs que nous léguons après 50 années d'intégration européenne. Voilà les défis que nous devons relever dans une perspective nouvelle. Pour notre groupe, le PPE-DE, ce n'est qu'en ayant foi dans leurs capacités de création et d'adaptation que les générations à venir pourront se développer et s'épanouir dans ce monde nouveau. Notre rôle est modeste, certes, mais exigeant. En cette période de transition, évitons les impasses, prenons le bon chemin et construisons ensemble des bases solides. Une telle tâche requiert de la lucidité, mais aussi du courage politique.

(Applaudissements)







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