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DiscoursDiscours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE-DE, au Parlement européenGet the Flash Player to see this player. Allocution inaugurale du Président du Parlement européenJoseph Daul, au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, Madame la Présidente en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues, je vous félicite très chaleureusement, cher Hans-Gert, pour votre brillant discours, un discours de remobilisation dont l'Europe a grand besoin. Devant celles et ceux qui vous ont précédé à ces hautes fonctions, et que je salue, et aussi devant les représentants de toutes les institutions européennes, vous avez exposé votre vision de l'avenir de l'Union européenne. La vision d'une Europe à la fois unie et intégrée, mais également ouverte sur le monde et consciente de ses responsabilités internationales, tout en étant mieux identifiée par les citoyens et plus proche d'eux. Cette vision, le groupe PPE-DE la partage profondément. J'aime l'accent volontariste, positif et constructif de vos propos. Il faut arrêter de déprimer en parlant de l'Europe, arrêter de se demander ce que l'on va devenir plutôt que de se mobiliser pour ce que nous devons faire. Oui, la construction européenne est un succès! Elle a non seulement permis le développement de la prospérité de nos États et de nos peuples, mais elle a garanti la paix sur notre continent. Nous avons changé le cours de l'histoire grâce à ce projet, et que ceux qui prétendent que ce n'est plus suffisant regardent autour d'eux, dans leur vie quotidienne: les bienfaits de l'Europe sont omniprésents. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître, mais assurément, nous devons affirmer avec plus de force les convictions que nous plaçons dans nos réalisations, et apprendre à mieux valoriser celles-ci. Il en va ainsi de l'euro, qui est un succès, mais il en va ainsi aussi plus généralement de notre travail de législateur. Monsieur le Président, chers collègues, nous avons toutes les raisons d'avoir confiance dans notre avenir au sein de l'Union européenne. Les défis que nous devons encore affronter, nous ne les relèverons que dans le cadre d'une Europe unie et déterminée, et certainement pas dans celui d'une Europe morose ou tournée vers son seul passé. Notre groupe partage, Monsieur le Président, vos priorités, qui nous semblent répondre aux grands défis du monde actuel, tout autant qu'aux préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Les deux sont liés. Que demande le citoyen de l'Europe? Il réclame à la fois plus de liberté – surtout les plus jeunes –, plus de sécurité et de protection face aux menaces. Il demande de pouvoir travailler et de pouvoir bénéficier des fruits de son travail. Il attend, enfin, que l'Europe affirme et mette en avant les valeurs de notre civilisation et de notre culture. Alors, oui, à la protection de l'environnement et à la lutte contre la détérioration climatique, à l'échelon européen. Oui, à une politique énergétique commune qui garantisse des approvisionnements sûrs à des prix supportables, en n'excluant aucune source d'énergie susceptible de garantir notre indépendance. Oui, à une politique agricole et alimentaire équitable qui offre des perspectives au monde rural, qui garantisse aussi la sécurité alimentaire, tout en participant aux évolutions technologiques. Oui, enfin, à une politique de recherche et de développement qui place l'Europe en tête des puissances innovantes, comme nous le professons dans les objectifs de Lisbonne. Mais, pour ma part, j'insisterai ce matin, sur la proximité avec le citoyen, et sur la nécessité de faire la synthèse entre cet objectif et celui du dialogue entre les cultures et les religions. Le dialogue entre les cultures et les religions est le versant positif de la lutte contre le racisme et l'intolérance, contre l'exclusion et la xénophobie. Il ne suffit pas de dénoncer ces maux ou de lutter contre ces fléaux: il faut démontrer de façon positive les avantages de la connaissance réciproque, les atouts de la mixité sociale, la noblesse de l'hospitalité, la grandeur de la tolérance, et aussi l'enrichissement mutuel de la confrontation des cultures. Dans le même temps, il faut que l'Union européenne se prononce sur ses limites géographiques, sur ses frontières et sur une politique d'immigration commune. Enfin, l'Union européenne doit définir sa stratégie sur la mondialisation. Cette stratégie ne peut pas se fonder sur la loi du plus fort, mais sur un mélange de compétitivité, de niveau d'emploi élevé et de protection sociale. Il nous faut une mondialisation maîtrisée. Je salue encore une fois la Présidence allemande, et singulièrement Mme Merkel, pour sa détermination à aller de l'avant avec résolution sur tous ces sujets. Ce ne sont pas seulement des défis pour les six prochains mois, mais pour les dix ou vingt prochaines années. La déclaration du 25 mars, à l'occasion des cinquante ans de l'Union, peut être l'occasion de proposer une renaissance de l'ambition politique pour l'Europe. Cette ambition, conforme au projet de long terme des pères fondateurs, passe par la relance institutionnelle. Je sais, Madame et Messieurs les Présidents, combien vous y êtes attachés. Nous faisons confiance à la Commission et à son président, José Manuel Barroso, pour prendre la mesure de l'enjeu institutionnel. La Commission est à la fois gardienne des traités et gardienne de l'intérêt général communautaire. Nous serons toujours à ses côtés quand elle exercera avec vigilance cette double fonction. C'est par l'addition de nos forces et le partage de nos convictions que nous pourrons sortir l'Union européenne de l'ornière. Pour conclure, j'aurais pu citer Pierre Pflimlin, ancien Président du Parlement européen, dont nous célébrons cette année le centenaire de la naissance, qui appelait de ses vœux une Europe des valeurs de l'esprit, mais je ferai plutôt appel aux plus europhiles de nos écrivains du XXe siècle, Stephan Zweig, qui, dans sa superbe biographie d'Érasme, donne une clé aux bâtisseurs d'Europe d'hier et de demain: "Ils seront toujours nécessaires ceux qui indiquent aux peuples ce qui les rapproche par-delà ce qui les divise et qui renouvellent dans le cœur des hommes la croyance en une plus haute humanité". (Applaudissements) |
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