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Discours

up one level

Discours de M. Joseph Daul,
Président du Groupe du PPE-DE,
au Parlement européen
du mercredi, 17 janvier 2007



Programme de la présidence allemande




Joseph Daul, au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, cher Hans-Gert, Madame la Présidente du Conseil, Madame Angela Merkel, Monsieur le Président de la Commission, José Manuel Durão Barroso, je tiens à dire mon émotion à l'occasion de ce premier grand débat sous la présidence de Hans-Gert, de Mme Merkel et de notre Président de la Commission. Ces trois personnalités sont membres de notre famille politique, mais si je vais exprimer une opinion favorable sur les propositions de la Présidence allemande, ce n'est pas seulement pour cela. C'est aussi en raison du cheminement personnel de Mme Merkel, de son choix politique, le choix de l'Europe, comme vous l'avez si bien exprimé ce matin, Madame la Présidente.

Quel est le rôle d'un politique? D'anticiper, de faire des choix, de les assumer devant son opinion publique. Et en tant qu'Européen, je ne peux que me féliciter des propositions de la Présidence sur des sujets aussi essentiels que l'énergie, les changements climatiques, la protection de l'environnement, la sécurité et la justice, la politique d'immigration, la coordination des politiques économiques, la politique de développement, le commerce international, mais aussi les relations avec les États-Unis et la Russie. Sur ces sujets, la Présidence allemande développe une approche résolument européenne et même pro-européenne.

Sur la question institutionnelle, vous avez déclaré, Madame la Présidente, que vous n'adopteriez pas une approche minimaliste mais que vous chercheriez un point d'équilibre entre la position des dix-huit pays qui ont ratifié le traité constitutionnel, celle de la France et des Pays-Bas qui ont dit non et celle des pays qui n'ont pas encore adopté de position officielle: ce sera difficile, je vous le concède.

Certains disent que c'est très difficile, voire illusoire. Mais la liste est longue des ambitions politiques qui semblaient irréalisables et qui sont pourtant devenues réalité parce que le courage l'a emporté sur la démagogie. Pensons à la paix en Europe, au retour de la prospérité et de la croissance jusqu'à la création de l'euro, à la fin du communisme après la chute du mur du Berlin, et à la réunification du continent européen: il n'y a de combats perdus que ceux que l'on ne mène pas.

Votre Présidence, Madame Merkel, a décidé de relever le défi institutionnel. Vous avez raison. Et notre famille politique vous y aidera. Pourquoi avez-vous raison? Parce que autant nous saluons les élargissements récents de l'Union, autant force est de constater que les défis auxquels nous sommes confrontés exigent que l'Europe se dote au plus vite d'un système de décision efficace. Si la Convention européenne a été créée en 2002 et a élaboré un projet de traité constitutionnel, c'était précisément pour remédier aux insuffisances du traité de Nice. Comment ce qui était considéré il y a cinq ans comme une urgence dans une Europe à quinze le serait moins aujourd'hui dans une Europe à vingt-sept? Vous aurez tout l'appui de la famille politique du parti populaire européen qui a joué un rôle de premier plan sur ce sujet, dans la recherche d'une nouvelle dynamique permettant à l'Europe de se doter des outils nécessaires pour aller de l'avant.

La Présidence allemande, je le disais, a fait le choix de l'Europe, une Europe qui souffre dans l'opinion publique d'une image, disons, pas toujours positive, une Europe qui, de façon paradoxale, est aussi perçue par une grande majorité de citoyens comme le niveau de réponse le plus adapté à nombre de problèmes quotidiens.

Cela ne veut pas dire, bien sûr, que tout peut et doit être traité à l'échelle de l'Europe. Le principe de subsidiarité constitue, pour notre famille politique, un principe majeur de gouvernance. Après les événements du début 2006, puis ceux de ces derniers jours au sujet de l'approvisionnement en énergie de l'Union et de son voisinage, l'Europe doit parler non seulement d'une seule voix mais aussi d'une voix ferme pour défendre ses intérêts stratégiques. Je réaffirme ici le soutien de mon groupe à la position de la Présidence allemande et de la Commission à l'égard de la Russie. La Présidence a également annoncé que le renforcement des relations transatlantiques serait l'une de ses priorités majeures. Je salue cette démarche.

Une coopération fondée sur le dialogue et l'équilibre avec les États-Unis est un facteur-clé de stabilité, vous l'avez dit. La perspective d'un marché transatlantique ne peut que dynamiser nos économies, doper la croissance et créer des emplois. Nous devons donc y travailler.

Le 25 mars, les Européens commémoreront le 50e anniversaire du traité de Rome. Un événement très important, qui sera marqué par la tenue d'un sommet européen et l'adoption d'une déclaration de Berlin. Rappelons à chacune et à chacun les valeurs communes qui nous unissent, mais mettons aussi en avant les priorités à venir de la construction européenne.

Depuis 50 ans, le monde a changé. Les raisons de nous unir et de serrer les rangs ont certes partiellement évolué mais elles sont au moins aussi pertinentes que par le passé. Le rôle des décideurs politiques, mais aussi des acteurs économiques et des médias, est de faire passer, de façon forte et convaincante, un message positif, lucide, clairvoyant, un message de responsabilité tout simplement.

La réalité nouvelle est que les grands défis ne peuvent plus être abordés que dans le cadre des grandes régions. L'Europe est une de ces régions, peut-être l'une des plus puissantes, des plus prospères et des plus stables, l'une des plus démocratiques aussi, et donc des plus attrayantes.

Je suis sûr, Madame la Présidente, qu'avec votre détermination et celle de tout votre gouvernement, les six mois à venir seront bien utilisés. Nous apporterons tout notre soutien politique pour que, malgré la complexité de la tâche, nous puissions constater, en juin prochain, les progrès accomplis et mesurer la route qui reste à parcourir.

Ich wünsche Ihnen viel Glück und Erfolg, meine liebe Präsidentin!

(Applaudissements)







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