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Discours

up one level
Discours de M. Hans-Gert Poettering
Président du Groupe du PPE-DE
au Parlement européen
du mercredi, 21 juillet 2004


Déclaration du Président désigné de la Commission





Poettering (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président désigné de la Commission, Mesdames et Messieurs, notre groupe du parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et des démocrates européens se félicite de la proposition unanime des chefs d’État ou de gouvernement des pays de l’Union européenne de nommer José Manuel Durão Barroso à la présidence de la Commission européenne. M. Barroso a dit qu’il était originaire du Portugal, comme nous le savons tous, un pays situé aux confins de l’Union européenne mais dont le cœur bat au rythme de l’Europe. J’aime beaucoup cette tournure de phrase car elle exprime d’emblée que nous sommes Européens parce que nous avons un chez nous quelque part en Europe. Être Européen ne veut pas dire que l’on abandonne son pays natal ou sa patrie. Au contraire, les deux vont de pair et c’est pourquoi il est important que ceux qui aspirent à des postes à responsabilité déclarent également leur allégeance à leur pays d’origine. Si celui-ci est au cœur de l’Europe, au centre de l’Union européenne, c’est également une forme d’allégeance au travail commun d’unification de l’Europe, dont nous voulons tous qu’il aboutisse au succès.

Comme M. Jan-Peter Balkenende, le président du Conseil européen, l’a déclaré ici ce matin, cette Europe est une Europe de valeurs, et il y a une relation et un équilibre entre ces valeurs. Vous avez décrit cet équilibre: liberté, droits de l’homme, démocratie, État de droit, solidarité et justice sociale. Si nous prenons ces valeurs au sérieux, nous devons nécessairement tenir pour certain que le président de la Commission ne divisera pas, mais qu’il rassemblera. Après tout, malgré tous les litiges que nous pouvons avoir dans cette Assemblée sur des sujets particuliers, notre but commun est de servir ce continent. Vous avez dit que vous vouliez une Commission forte et indépendante, dont vous voulez être le leader, mais que vous vouliez travailler en équipe sur des propositions, et c’est ce que nous voulons. Nous ne voulons plus avoir l’impression que le président de la Commission ne joue qu’un rôle subalterne lors des sommets avec les chefs d’État ou de gouvernement; nous voulons que le président de la Commission, avec le président en exercice du Conseil, joue un rôle clé lors des réunions au sommet des pays de l’Union européenne.

(Applaudissements)

Nous vous en croyons capable. En même temps, vous savez aussi que la Commission ne peut être forte que si elle a derrière elle une large majorité du Parlement européen. La Commission européenne est la gardienne des Traités. La législation de l’Union européenne ne doit jamais être traitée de manière opportuniste, sinon nous courons à notre perte et, pour un président, ceci est le premier principe du leadership. Vous avez dit aussi que vous démettriez immédiatement de ses fonctions tout membre de la Commission qui agirait de manière inappropriée. C’est également ce que nous avions convenu avec Romano Prodi il y a cinq ans. Nous avions aussi convenu que les membres de la Commission, y compris son président, viendraient rendre des comptes ici en session plénière chaque fois que le Parlement l’exigerait. Je ne veux pas ouvrir un débat maintenant sur la question de savoir si la Commission est une sorte de gouvernement. Si vous êtes élu, Monsieur le candidat à la présidence (je ne sais pas quel est le bon terme pour s’adresser à vous autrement que par le nom de candidat au poste de président de la Commission) - et notre groupe espère que vous allez l’être et fera tout ce qu’il peut pour que vous le soyez -, nous attendons de vous, en tant que président élu, que vous vous présentiez devant le Parlement européen chaque fois que le Parlement l’exigera, exactement comme un chef de gouvernement national se présente tout naturellement devant son parlement national. C’est ce que nous attendons de vous et de tous les membres de la Commission.

(Applaudissements)

C’est de cette manière que nous exercerons notre contrôle si, finalement, la Commission reçoit notre aval. Vous avez parlé d’un partenariat pour l’Europe. Je pense qu’il est très important que nous soyons de vrais partenaires, au-delà des lignes des partis et au-delà des frontières nationales, surtout maintenant que dix nouveaux pays ont rejoint l’Union européenne et, par-dessus tout, que nous offrions quelque chose aux jeunes générations, aux jeunes gens qui ont besoin d’une éducation de qualité, qui doivent être bien formés si nous voulons atteindre l’objectif de Lisbonne visant à faire de l’Union une économie parmi les plus compétitives du monde. C’est pourquoi nous devons donner une chance aux jeunes de notre continent.

Vous avez parlé en faveur du principe de subsidiarité; comme mon temps est limité je ne m’étendrai pas sur ce point, mais je voudrais citer encore la jeune femme de Riga dont M. Balkenende a parlé ce matin, Ilma Kaulina, qui a dit: «Je crois en l’avenir de l’Europe». Mesdames et Messieurs, nous croyons tous en l’avenir de l’Europe et c’est pourquoi nous devons donner une chance à ce candidat qui, comme son pays, est au cœur de l’Union européenne, de sorte que demain nous puissions dire que nous avons un nouveau président de la Commission européenne.





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