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DiscoursDiscours de M. Hans-Gert Poettering
Président du Groupe du PPE-DE au Parlement européen le mardi, 4 mai 2004 Vers une Constitution européenne Poettering (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Commissaire Vitorino, Mesdames et Messieurs, M. Hume vient de tenir des propos fort émouvants. Membre de cette Assemblée depuis 1979, il quittera le Parlement, de même que mon ami irlandais, M. McCartin. En un moment comme celui-ci, où nous pensons à l’avenir, cela devrait nous inciter à revenir brièvement sur le passé, comme nous venons de le faire lors de l’hommage à Jean Monnet et Altiero Spinelli. Ce retour en arrière nous permet d’avoir confiance et espoir; nous pouvons être vraiment optimistes quant au futur de notre continent. Parlons des élargissements précédents. Il y en eut un en 1973, quand l’Europe des Six devint l’Europe des Neuf avec l’adhésion de l’Irlande, du Danemark et du Royaume-Uni; un autre en 1981, quand la Grèce nous rejoignit; en 1986, ce fut le tour de l’Espagne et du Portugal; en 1995, la Finlande, la Suède et l’Autriche firent à leur tour leur entrée dans l’Union. Enfin, nous avons aujourd’hui une Communauté à 25. Lors de chacun de ces élargissements, la Communauté a gagné en profondeur, avec la création de la CEE et de l’Euratom en 1957, la promulgation de l’Acte unique européen en 1986 et l’entrée en vigueur du traité de Maastricht en 1992, en relation avec lequel nous devons rappeler les importantes contributions du Chancelier Helmut Kohl, du Président François Mitterrand et du Président de la Commission Jacques Delors, dont le travail a été poursuivi avec succès par Jacques Santer. Nous avons ensuite eu Amsterdam en 1995, suivi par Nice, qui n’a peut-être pas été un grand succès, mais qui est l’endroit où nous avons adopté la résolution disant que nous conclurions les négociations d’adhésion avec les pays candidats à temps pour que ces pays participent aux élections européennes. Si nous devions résumer tous les changements qui sont survenus au fil des années, nous devrions arriver à la conclusion que l’Europe est un grand continent, un continent qui a toujours - même confronté à d’énormes difficultés - avancé dans la bonne direction. Nous avons aujourd’hui la chance que l’Irlande occupe la présidence - M. Roche, ministre irlandais des affaires européennes et Président en exercice du Conseil, est parmi nous - et assume sa fonction avec une combinaison de vision, de pragmatisme et de bonne volonté, cette dernière étant cruciale si l’on veut progresser. Permettez-moi de vous remercier, Monsieur le Président en exercice du Conseil, pour le travail que vous avez accompli jusqu’ici. Si nous méritons une Constitution européenne, c’est grâce à vos efforts et à ceux de l’Europe. Je voudrais également faire part de ma gratitude envers le commissaire Vitorino qui, avec son collègue M. Barnier, a présidé aux destinées de la Convention. Le groupe du parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et des démocrates européens se réjouirait que la présidence irlandaise parvienne à faire inclure dans le préambule une référence à notre héritage judéo-chrétien. C’est parce que cet héritage a modelé nos valeurs que nous jugeons cette référence importante, mais il est tout aussi important que vous, Monsieur le Président en exercice du Conseil, n’acceptiez pas la moindre restriction des prérogatives du Parlement en matière de budget. Le commissaire Vitorino l’a également évoqué. Une telle chose est intolérable. C’est en effet une des prérogatives du Parlement européen de pouvoir décider ce qui est fait avec le budget, et nous n’accepterons aucune limitation de nos droits dans ce domaine. La Constitution européenne est un grand pas en avant en ce sens qu’elle renforce l’Europe en tant que Communauté. Elle représente le progrès parce qu’elle consacre la démocratie européenne et la gestion parlementaire. La Constitution européenne est un pas en avant en ce sens qu’elle renforce la subsidiarité parce que l’on y fait pour la première fois référence à la gestion locale. Les communes, les villes, les communautés - c’est-à-dire les endroits que nous appelons «chez nous» - se voient conférer le droit de diriger leurs affaires. Les parlements nationaux ont également le droit de faire appel si les droits qui leur reviennent en vertu du principe de subsidiarité sont violés. L’Europe devient plus efficace, l’Europe devient plus démocratique, et ce que nous voulons réaliser, c’est l’unité de cette Europe qui est la nôtre dans toute sa diversité. La Constitution est un bon moyen d’y arriver. Quand nous parlons de l’avenir, nous devons répondre à la question de savoir qui peut encore rejoindre l’Union européenne. Avec qui voulons-nous vivre en bon voisinage? Nous voulons vivre en bon voisinage avec tout le monde, en particulier avec nos voisins arabes et musulmans, de sorte que notre continent puisse être un continent de paix, fondé sur le droit et doté d’une constitution propre. Nous souhaitons bonne chance à la présidence irlandaise dans ce défi. (Applaudissements) |
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