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Discours

up one level

Discours de Hans-Gert Poettering,
Président du Groupe du PPE-DE,
au Parlement européen,
du mercredi, 31 mars 2004


Conseil européen / Sécurité




Poettering (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs, le sommet de Bruxelles avait pour thème central les terribles attentats perpétrés le 11 mars 2004 à Madrid, et il est bon qu’il en ait tiré les conclusions nécessaires. Je me souviens encore très bien de ce qu’a déclaré le président américain John F. Kennedy en 1963 dans un Berlin divisé: "Ich bin ein Berliner". Je pense qu’en tant qu’Européens, nous devons adopter une attitude similaire face à nos partenaires et amis espagnols. Nous devons dire que cet attentat à Madrid n’était pas seulement une attaque contre l’Espagne, mais bien une attaque contre toute l’Europe, contre tout le monde occidental, contre le monde entier. Par sympathie et solidarité avec l’Espagne, nous devons donc nous engager à agir et à promouvoir l’Union européenne et l’unité de l’Europe de manière claire et décisive. Telle doit être notre réponse aux terroristes. Je voudrais maintenant vous dire un grand merci, Monsieur le Président en exercice du Conseil, pour le signal que votre présidence a envoyé depuis Bruxelles. L’Europe va maintenant agir. L’Europe veut être unie et c’est d’une seule voix que ses membres veulent aborder l’avenir.

Il est bon que le sommet ait adopté la clause de solidarité inscrite dans le projet de Constitution européenne. Il s’agit d’une clause de solidarité contre le terrorisme. Toutefois, l’Europe doit faire preuve de solidarité en général lorsqu’elle est confrontée à des attaques de l’extérieur et, maintenant plus que jamais, nous savons que politique nationale et étrangère forment un tout intégré et que l’une ne peut être dissociée de l’autre. Nous saluons également l’établissement d’un coordinateur pour la sécurité interne et trouvons en la personne de M. de Vries, ancien député de cette assemblée, un excellent candidat pour ce poste. Je me réjouis à l’idée de collaborer avec lui.

Mais permettez-moi d’ajouter, Monsieur le Président en exercice du Conseil - et cette intervention ne sera certainement pas la dernière - que nous aurions souhaité que ce poste de coordinateur de la sécurité soit établi, non dans le cadre de la politique étrangère et de la collaboration intergouvernementale mais, comme le souhaitait la Commission, dans le dispositif institutionnel de l’Union européenne de sorte qu’il soit soumis au contrôle juridique et parlementaire. Je pense que c’est important pour le futur et, avec tout le respect que je dois à cette fonction, nous ne devons pas en faire un simple alibi pour prétendre que nous en avons fait assez dans ce domaine. Il s’agit de mettre en place dès que possible des politiques réelles et spécifiques en matière de sécurité interne.

Dès lors, je regrette beaucoup que l’adoption d’un mandat d’arrêt européen n’ait pas encore été à l’ordre du jour, et nous demandons aux cinq États membres qui ne l’ont pas encore ratifié de le faire. Nous devons également développer Europol, qui serait bien plus efficace sans ces difficiles négociations financières entre les États membres de l’Union européenne en vue de lui allouer des fonds. Pourquoi ne pas inclure également Europol dans le système communautaire, de sorte que cette institution bénéficie des fonds communautaires? Cela simplifierait les choses. Je pense également que nous devrions aussi accepter le système communautaire dans ce domaine.

Quand nous parlons de sécurité interne et de terrorisme, je crois que la chose la plus importante est de dire au monde arabe que nous n’identifions pas le terrorisme au monde arabe ou à l’Islam. Je voudrais dire à présent - vous me permettrez de le dire en tant qu’Allemand - que je me souviens des discussions de l’après 1945 lorsqu’il était question de la faute collective des Allemands. Cette idée a été rejetée à juste titre parce que tout le monde n’était pas responsable des crimes commis par le national-socialisme. Dans le même esprit, ne commettons pas aujourd’hui l’erreur d’associer le terrorisme à l’ensemble du monde arabe et islamique. Nous voulons coopérer; nous voulons collaborer avec le monde arabe et islamique. Pour cette raison également, je suis entièrement d’accord avec le président de la Commission, Romano Prodi, qui a déclaré - comme vous aussi, Monsieur le Président en exercice du Conseil - que la paix au Moyen Orient ainsi que la sécurité et la dignité pour tous les Israéliens et les Palestiniens sont des éléments absolument essentiels pour la paix future dans le monde et les relations pacifiques entre l’Europe et le Moyen Orient et le monde arabe dans son ensemble. Nous devons opposer la dignité de l’être humain au mépris de l’humanité, opposer nos principes de vie à leurs principes de mort, opposer notre souhait de coopérer à la haine. Le message doit maintenant être - et je dois vous remercier du fond du cœur pour cela - que nous gagnons une Constitution. Notre groupe est résolument en faveur de celle-ci. Tout le PPE-DE a déclaré qu’il s’agissait de la priorité des priorités. Nous voudrions vous dire, Monsieur le Président en exercice du Conseil, qu’il serait fantastique que vous parveniez à faire adopter la Constitution sous votre présidence. Nous aimerions que cet accord soit finalisé avant les élections européennes. Nous vous souhaitons bonne chance. Vous avez notre soutien. La réponse à adresser au reste du monde est que l’Europe est déterminée et unie.

(Applaudissements)





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