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Discours

up one level
Discours de M. Hans-Gert Poettering,
Président du Groupe du PPE-DE,
au Parlement européen
du mercredi, 14 janvier 2004


Programme de la présidence irlandaise



Poettering (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs, juste avant Noël, les présidents de groupes avait eu l’occasion de discuter avec ce qu’il convenait d’appeler à ce moment la "future" présidence irlandaise, c’est-à-dire le Taoiseach, le ministre des affaires étrangères, Brian Cowen, et le ministre des affaires européennes, Dick Roche. Je peux vous affirmer que cette rencontre fut professionnelle, efficace et amicale. J’y vois un signe de bon augure pour le succès de la présidence irlandaise et je constate que, par un heureux hasard, le président du Parlement européen est également irlandais. Je voudrais aussi mentionner Gerard Collins, le vice-président d’un groupe important au sein de notre Parlement, que nous avons rencontré pour la première fois lorsqu’il était encore ministre des affaires étrangères. La présidence irlandaise s’était d’ores et déjà distinguée à l’époque, et je vous souhaite beaucoup de succès pour les six prochains mois.

Monsieur le Président en exercice du Conseil, vous avez évoqué la Constitution. Aux yeux de mon groupe, à savoir la section du parti populaire européen, la Constitution est la priorité suprême. Le projet de Constitution ne peut être voué à l’échec pour la simple raison que le sommet de Bruxelles a lui-même échoué. Sachez que vous bénéficierez d’un soutien total de notre part si vous parvenez à avancer des solutions pendant la présidence irlandaise.

(Applaudissements)

Nous devons tous passer à l’action maintenant. Notre groupe, le parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et démocrates européens, peut certes soutenir le principe de la double majorité en ce qui concerne le processus décisionnel au sein du Conseil de ministres, mais il ne peut être question de le considérer comme un principe fondamental dont le rejet entraînerait l’échec du projet de Constitution dans son ensemble - ce n’est absolument pas le cas. La Constitution revêt une telle importance que nous devons faire des pas les uns vers les autres. Il faut trouver un compromis, et nous devons tous travailler de concert pour y parvenir.

(Applaudissements)

Il y a ensuite la discussion relative à un "noyau dur européen" ou à une Europe à deux vitesses. Je préconise pour ma part de renoncer à une telle discussion, qui est tout à fait inopportune. Quel serait le mode de fonctionnement d’un noyau dur européen ou d’une Europe à deux vitesses? Nous ferions fausse route si nous suivions cette approche, qui est en outre considérée comme une menace pour inciter certains gouvernements à emprunter une direction déterminée. Cessons donc de parler d’une Europe à deux vitesses, créons cette Constitution et allons de l’avant tous ensemble!

(Applaudissements)

Monsieur le Président en exercice du Conseil, les élections du Parlement européen se dérouleront pendant votre présidence. Bien qu’il ne soit évidemment pas entré en vigueur, le projet de Constitution défini par la Convention précise que les résultats des élections du Parlement européen seront pris en considération au moment de désigner le président de la Commission européenne. J’ignore si votre présidence soumettra effectivement une proposition concernant le mandat du président de la Commission à la fin du mois de juin, après les élections. Si c’est le cas, je ne puis que vous exhorter à respecter les résultats de ces élections. C’est une question de principe. Notre groupe veut absolument éviter une répétition des événements de 1999, lorsqu’un côté a remporté les élections, tandis que l’autre côté s’est approprié les mandats au sein de la Commission. Il faut cette fois tenir compte des résultats des élections du Parlement européen. La Commission dans son ensemble doit être équilibrée. En tant que président de la Commission - vous riez et cela me fait plaisir de vous voir d’humeur joyeuse -, votre avis est sollicité dès à présent, dans le cadre de la nomination des dix commissaires originaires des pays candidats à l’adhésion. Veillez donc, s’il vous plaît, à respecter l’équilibre entre les différents partis lorsque vous désignerez les commissaires.

(Vifs applaudissements)

Monsieur le Président en exercice du Conseil, vous avez ensuite évoqué nos relations avec les États-Unis d’Amérique. Permettez-moi d’insister sur les propos que vous avez tenus. Nous ne voulons pas être les valets des États-Unis, mais nous ne sommes pas davantage leurs rivaux. Nous voulons un statut de partenaires dotés de droits égaux, nous voulons discuter sur un pied d’égalité avec nos amis américains, et nous poursuivons des objectifs communs dans bien des domaines. Quiconque pense que l’Europe doit se définir par opposition aux États-Unis est dans l’erreur, non seulement parce qu’il traite alors ces derniers comme s’ils étaient nos ennemis, mais aussi parce que ce raisonnement serait source de division au sein même de l’Europe, où différents points de vue coexistent quant à la manière dont nous devrions structurer nos rapports avec les États-Unis. Par conséquent, je peux seulement recommander de nous considérer comme les partenaires et les égaux des États-Unis. Il nous appartient d’instaurer cette égalité. Au lieu de critiquer en permanence la domination américaine, nous devrions concentrer nos efforts sur notre unité en tant qu’Européens; nous jouirons alors d’une position d’égalité avec les États-Unis. Cela ne signifie pas que nous devons nous abstenir de toute critique à l’égard de nos amis américains. J’estime par exemple que la situation actuelle dans la baie de Guantanamo est inacceptable. Personne sur cette terre - pas même les terroristes, je dis bien "personne" - ne devrait être privé de droits. Chaque individu dans le monde est soumis à un système de droit. Nous devrions également en faire la remarque à nos amis américains et l’inclure dans tous les documents échangés avec eux.

(Applaudissements)

Il en va de même pour la Tchétchénie. On nous dit toujours: "Oui, oui, nous avons discuté de la Tchétchénie avec le président de la Russie". Nous voudrions voir, écrite noir sur blanc, une déclaration dans laquelle nous nous engageons à aborder la question tchétchène, à faire respecter les droits de l’homme et à avoir le courage d’interpeller les dirigeants du monde - ou du moins ceux qui se considèrent comme tels - à ce propos. Ma demande est donc la suivante: donnez une chance aux droits de l’homme, en y faisant référence dans les différents documents et accords. Ceci vaut aussi bien pour la baie de Guantanamo que pour la Tchétchénie.

Nous devons faire preuve de respect mutuel: respect des petits pour les grands, respect des grands pour les petits, respect de la majorité pour les minorités. La réussite de l’Europe est subordonnée à l’instauration d’une compréhension et d’un respect réciproques. Toute domination devrait être exclue et il serait utile de demander à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice, en toute modestie. C’est précisément ce dont nous avons besoin. Tout le monde doit contribuer à la création d’une Europe unie. Notre groupe sera à vos côtés. Nous vous souhaitons beaucoup de succès.






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