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DiscoursDiscours de M. Hans-Gert Poettering
Président du Groupe du PPE-DE au Parlement européen du mercredi 4 septembre 2002 Irak Poettering (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Commissaire Patten, chers collègues, le régime dictatorial et criminel de Saddam Hussein est la raison de ce débat au sein de ce Parlement et de la communauté internationale. Le mal trouve ses racines en Irak, pas aux États-Unis d'Amérique. Saddam Hussein a déjà - et tant le président du Conseil que le commissaire ont attiré notre attention là-dessus - utilisé par le passé des armes de destruction massive contre son propre peuple et contre les pays voisins de l'Irak. Il a envahi le Koweït. S'il s'avère qu'il entrepose et fabrique encore des armes de destruction massive, alors cela représentera une menace pour le Proche-Orient et la communauté internationale dans son ensemble. Celui qui veut éviter une guerre doit faire en sorte que Saddam Hussein ne puisse pas employer des armes biologiques, chimiques ou nucléaires. La façon dont Saddam Hussein bafoue le droit international est inacceptable. Il est tenu de permettre de façon inconditionnelle et illimitée le retour des inspecteurs en désarmement des Nations unies. Voilà notre revendication, celle de notre groupe, le Parti populaire européen et les Démocrates européens. Saddam Hussein doit se plier aux exigences de l'ONU. C'est pourquoi nous devons maintenir la pression sur le dictateur irakien. Si nous, Européens, ne sommes pas unis, il en tirera parti. C'est pourquoi il est inacceptable - je le dis calmement - que le chancelier Schröder parle d'une voie allemande à ce sujet. Cela encourage Saddam Hussein et affaiblit le caractère soudé et la solidarité des Européens. Ce n'est que lorsque l'Union européenne agira de concert que nous aurons de l'influence. Il ne peut y avoir qu'une voie européenne. Le président américain, George W. Bush, a promis de consulter étroitement les alliés. Nous invitons nos amis américains à partager toutes les informations dont ils disposent avec leurs alliés européens. L'usage de la force ne se justifie que lorsque tous les autres moyens ont échoué. Le monopole de décision et d'action doit rester entre les mains des Nations unies. Il ne faut recourir aux moyens militaires que lorsque tous les autres moyens ont été épuisés. Mais même dans un tel cas, il faut répondre aux questions suivantes. Premièrement : la coalition antiterroriste mobilisée de façon si impressionnante par le président George Bush après le 11 septembre est-elle durable ? Deuxièmement : quelles sont les intentions à l'égard du Proche-Orient après cela ? Je ne peux que souligner expressément ce que le commissaire Patten nous a dit, à savoir que nous avons besoin d'un plan de paix entre Israël et la Palestine, d'un État palestinien, d'un État israélien, les deux vivant en paix l'un avec l'autre. Troisièmement : Quelles sont les conséquences ? Quelles seraient les conséquences d'une action militaire sur nos relations avec le monde arabe et le monde islamique, avec qui nous désirons vivre en partenariat, et si c'est possible, en amitié ? Je sais combien cette question est importante parce que je reviens d'un voyage en Arabie Saoudite, à Dubai et au Qatar. Ces questions exigent une réponse. Nous devons trouver une position commune sur ces questions avec les États-Unis. On aspire également à une réponse à ces questions en Amérique - ce n'est pas comme s'il n'y avait que la position du vice-président Cheney, que la position du secrétaire à la défense Rumsfeld, il y a également la position du secrétaire d'État, Colin Powell, et aussi la position de l'ex-secrétaire d'État, James Baker, et aussi la position de l'ancien conseiller à la sécurité du père du président, Brent Scowcroft. C'est pourquoi il n'est absolument pas question d'anti-américanisme dans ce débat, au contraire, ce débat est mené en Amérique exactement comme il est mené en Europe. Il est important qu'en fin de compte, les États-Unis et l'Union européenne adoptent une position commune. Je prie et j'invite nos amis américains à ne pas succomber à la tentation de l'unilatéralisme, à ne pas agir seuls. Cela ne concerne pas seulement la question de l'Irak, cela concerne aussi la question de la Cour pénale internationale. J'invite également tous les partis, tous les gouvernements de l'Union européenne, à ne pas agir seuls mais de suivre l'avis de l'Union européenne dans son ensemble. J'invite également nos amis américains à agir de manière cohérente et de concert avec les Européens sur d'autres sujets aussi, par exemple Kyoto, comme aujourd'hui sur la question de l'Irak. J'ai l'impression que nos amis américains voient leurs relations avec l'Europe davantage comme des relations bilatérales avec la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et tous les autres États individuellement, plutôt qu'avec l'Union européenne comme une seule entité. Le président Bush a tenu un discours important au parlement allemand à Berlin. On peut être d'accord sur presque tout, mais le concept d'Union européenne n'est pas ressorti une seule fois dans son discours. Cela montre combien il est important de renforcer notre dialogue avec le gouvernement américain ! Je me réjouirais que nous invitions, dans un futur proche, le président américain à s'exprimer devant le Parlement européen car, si je me souviens bien, le dernier président américain à être venu au sein de cette Assemblée, est le président Reagan en 1986. Cela contribuerait à renforcer nos relations avec l'Amérique, avec nos partenaires et amis américains. Il faut que nous intensifions le dialogue avec les USA. Nous devons écarter ensemble les dangers suscités par Saddam Hussein, et avant toute chose, nous devons, en tant qu'Européens, en tant qu'États de l'Union européenne, en tant qu'Union européenne dans son ensemble, agir ensemble et de façon unie. Car si nous ne sommes pas solidaires, l'Europe n'aura aucune influence ! C'est pourquoi la première priorité est que nous apparaissions ensemble en tant qu'Union européenne sur la scène mondiale. (Applaudissements à droite) |
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